Mes cycles sont très irréguliers. Est-ce que j’ai le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)?

C’est l’ovulation qui fait la régularité du cycle. Le cycle est irrégulier ou absent (aménorrhée) quand l’ovulation a lieu rarement ou pas du tout. Le syndrome des ovaires polykystiques est le trouble de l’ovulation le plus fréquent et concerne 8 à 13% des femmes en âge de procréer.
Le SOPK se présente sous diverses formes, les manifestations pouvant être légères à sévères, mais le diagnostic repose sur des critères bien précis qui ont été mis à jour dans de nouvelles directives internationales en 2018* :

1. Des cycles irréguliers
    • Femme adulte : cycles de < 21 jours ou > 45 jours ou < 8 cycles par an.
    • Adolescente : cycles de < 21 jours ou > 45 jours et/ou l’absence complète de règles (aménorrhée primaire) à l’âge de 15 ans.
    • > 90 jours pour n’importe quel cycle
et/ ou

2. Des signes d’un excès d’hormones masculines (hyperandrogénisme)
    • Excès de pilosité sur le corps et le visage (hirsutisme)
    • Acné (chez l’adolescente: acné sévère seulement)
    • Perte de cheveux progressive (alopécie)
    • Hormones masculines anormalement élevées dans le sang
et/ou

3. Des ovaires de morphologie polykystique à l’échographie endovaginale
    • Visualisation de ≥ 20 follicules par ovaire (ces fameux « kystes » qui sont en fait les structures qui contiennent les ovocytes).
    Ce critère ne doit pas être utilisé moins de 8 ans après les premières règles, les ovaires des adolescentes et des jeunes femmes étant
    particulièrement riches en follicules

Le diagnostic de SOPK est posé quand au moins deux de ces trois critères sont présents.

En plus du trouble de l’ovulation, les femmes avec un SOPK ont un risque plus élevé de maladie cardio-vasculaire et de diabète. La majorité d’entre elles présentent aussi une surcharge pondérale ou une obésité, une condition qui est favorisée par le trouble hormonal et qui accroit encore le risque de problèmes métaboliques.

Le SOPK peut-il être traité ?
Oui. En dehors d’un désir de grossesse, le traitement de choix est une pilule contraceptive, qui permettra d’atténuer le déséquilibre hormonal.
La metformine, une molécule qui favorise l'action de l'insuline, aide à perdre du poids et réduit les troubles métaboliques.
Si une grossesse est souhaitée, on prescrit un inducteur de l’ovulation.
Une bonne hygiène de vie et le maintien d’un poids normal permettent de réduire les facteurs de risques et sont souhaitables dans tous les cas.

S’il ne s’agit pas d’un SOPK, quelle peut être la cause d’un cycle irrégulier ?
Un stress important, psychique ou physique, comme c’est le cas dans l’anorexie ou chez les sportives de haut niveau.
Si le surpoids est devenu un problème de société, on voit aussi de plus en plus souvent des jeunes femmes qui se soumettent à des régimes alimentaires carentiels dans l’idée de manger « plus sainement » ou pour se conformer à l’idéal esthétique de minceur diffusé par les médias. Dans ce cas, l’insuffisance de masse graisseuse et le déséquilibre de la balance énergétique favorise l’arrêt des règles.
D’autres causes moins fréquentes sont l’excès de prolactine et l’insuffisance ovarienne prématurée.

La spécialiste en médecine de la reproduction peut vous prescrire les examens qui permettent un d'établir un diagnostic et vous proposer un traitement approprié.

*International evidence-based guideline for the assessment and management of polycystic ovary syndrome 2018.