La préservation de la fertilité en vue d’une maternité différée
La préservation de la fertilité offre aux femmes qui ne sont pas en mesure d’envisager une grossesse dans l’immédiat la possibilité de repousser la maternité à plus tard en limitant le risque d’infertilité et de fausses-couches liées à l’âge, ou la nécessité d’avoir recours à un don d’ovules.

Bases physiologiques
Chez la femme, le stock d’ovules est constitué pendant la vie foetale puis diminue inexorablement par un mécanisme de dégénérescence spontanée appelé atrésie. D’environ un million à la naissance, il n’en reste plus que la moitié à la puberté. La diminution s’accélère encore à partir de 35 ans et ces ovules plus tardifs sont plus souvent porteurs d’anomalies chromosomiques. C’est pourquoi les femmes plus âgées présentent plus de fausses-couches et sont plus souvent confrontées à l’infertilité.
Biologiquement, la femme a les meilleures chances d’avoir une grossesse avant 30 ans. Mais dans notre société actuelle, il se peut qu’elle ne soit pas en mesure d’envisager une grossesse à ce moment-là pour des raisons sociales ou professionnelles, et qu’elle souhaite repousser la maternité à plus tard. Congeler des ovules quand ils sont encore sains peut leur éviter de se retrouver plus tard sans enfant. 

La congélation des ovules en pratique
Au début du cycle menstruel naturel, plusieurs ovules entrent en croissance mais un seul atteint finalement l’ovulation. Tous les autres dégénèrent. Le recrutement et la maturation des ovules est sous le contrôle de la FSH et de la LH, des hormones hypophysaires appelées gonadotrophines. L’administration d’injections de gonadotrophines permet d’amplifier le signal naturel et d’obtenir plusieurs ovules mûrs dans le même cycle. C’est le principe de la stimulation ovarienne, qui est utilisée pour la préservation de la fertilité comme pour la fécondation in vitro.
La stimulation ovarienne ne dure que 10 à 12 jours. Pendant ce temps, la réponse au traitement est évaluée par des échographies et prises de sang (dosages hormonaux). Quand les critères de maturité sont atteints, les ovules sont prélevés par ponction transvaginale échoguidée avec une légère anesthésie. Cette intervention est ambulatoire et dure 15 à 30 minutes. Les ovules récoltés sont congelés le jour même par vitrification, une technique de congélation particulière qui leur assure les meilleures chances de survie. La loi suisse (LPMA) autorise la congélation des ovules pour une durée de 5 ans, qui peut être prolongée de 5 ans supplémentaires sur demande écrite.

Considérations importantes
Congeler ses ovules avant 35 ans est préférable
Pour que la préservation de la fertilité soit efficace, il faut pouvoir congeler les ovules quand ils sont encore suffisamment nombreux et génétiquement compétents. Idéalement, il faudrait pouvoir en congeler 15 à 20.
La congélation d’ovules ne garantit pas la naissance d’un enfant
Le taux de grossesse dépend du nombre d’ovules disponibles et de l’âge de la femme au moment de la récolte.
Même après une préservation de la fertilité, il est souhaitable d’envisager de fonder une famille le plus tôt possible
La femme devrait tenter d’avoir un enfant dès que sa situation personnelle le permet. La grossesse n’est pas garantie avec les ovules congelés et le risque de complications de la grossesse est plus élevé chez les femmes plus âgées.
La préservation de la fertilité n’est pas prise en charge par les assurances-maladies suisses.